Loup : sa protection est encore amoindrie par deux arrêtés du 23 février 2026
Cadre juridique
Le loup (Canis lupus) constitue une espèce protégée au sens du droit européen et du droit interne, notamment au regard de la Directive Habitats, qui organise la protection de certaines espèces animales et végétales. Ce régime permet toutefois aux États membres de prévoir des dérogations, notamment afin de prévenir des dommages importants aux activités d’élevage.
En droit français, la gestion de l’espèce s’inscrit dans le cadre du Code de l’environnement, qui encadre strictement les conditions dans lesquelles des tirs dérogatoires peuvent être autorisés.
Que prévoient les arrêtés du 23 février 2026 ?
Publiés le 24 février 2026 au Journal Officiel, deux arrêtés viennent modifier la règlementation applicable aux loups.
Le premier texte modifie les conditions et limites de destruction du canidé.
Le second texte fixe le plafond annuel de prélèvements de loups pouvant être autorisés dans le cadre des dispositifs de protection des troupeaux.
Le texte prévoit que ce plafond est désormais établi à 21 % de la population nationale estimée, avec la possibilité d’une majoration jusqu’à 23 %. Sur la base d’une population évaluée à environ 1 000 individus, ce dispositif pourrait conduire à l’abattage de plus de 200 loups sur l’année.
Cette évolution réglementaire s’inscrit dans un contexte d’assouplissement du statut de protection du loup au niveau européen, passé récemment de « strictement protégé » à « protégé », ouvrant la voie à une plus grande latitude pour les États membres dans la gestion de l’espèce.
L’arrêté prévoit également un assouplissement de certaines modalités de tirs de défense, afin de faciliter la protection des troupeaux dans les zones exposées à la prédation.
Débats et enjeux
Cette évolution suscite des réactions contrastées. Les autorités publiques mettent en avant la nécessité de répondre aux difficultés rencontrées par les éleveurs, confrontés à l’augmentation des attaques de troupeaux.
À l’inverse, certaines organisations de protection animale critiquent l’augmentation du quota d’abattage. Elles contestent notamment l’efficacité des tirs létaux pour réduire la prédation et estiment que la population de loups en France demeurerait inférieure au seuil de viabilité écologique évoqué dans certains travaux scientifiques.




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